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Montée autoritariste : le Canada n’y échappe pas!

Loin d’être une chose du passé, la guerre contre le terrorisme s’est renforcée au fil des ans. Elle continue de propulser une dynamique de pouvoir liberticide au Canada, au nom de la sécurité nationale. Face à cela, les mobilisations des derniers mois, provoquées par une rafale de projets de loi proposés par le gouvernement fédéral, doivent s’intensifier et miser sur la force de coalitions multisectorielles.

par Tim McSorley (il), Coordonnateur national, Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles (CSILC)

et Xan Dagenais (iel), Responsable des communications et de la recherche, CSILC

La version française est parue dans le numéro de Droits et libertés (printemps/été 2026)


À la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, une vague de répression et de restriction des droits a balayé non seulement les États-Unis, mais aussi le Canada. Les autorités ont profité de cette crise et des craintes de la population pour adopter en urgence des lois qui ont renforcé la surveillance, affaibli les garanties en matière de procédure et de procès équitable, et restreint la liberté d’expression, réduisant ainsi l’espace civique dans son ensemble. Les communautés musulmanes et racisées ont été touchées de manière disproportionnée et confrontées à une recrudescence du racisme et de la xénophobie. Au Canada, l’adoption précipitée de la Loi antiterroriste de 2001 a conduit à la prise pour cibles de militant·es pacifiques, a eu un effet dissuasif sur les ONG de développement international et l’aide humanitaire, en plus d’entraîner une augmentation du profilage religieux, racial et politique. Alarmé par cette érosion rapide des libertés civiles et désireux de les protéger, un groupe d’organisations s’est réuni pour créer la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles (CSILC). Si la guerre contre le terrorisme est souvent considérée comme une chose du passé, elle s’est constamment renforcée au fil des ans pour aboutir à la situation dans laquelle on se trouve aujourd’hui. Partout dans le monde, la répression des manifestations et de la liberté d’expression, le durcissement des frontières, les interventions militaires illégales au nom de la lutte contre le terrorisme – comme le génocide à Gaza et la guerre contre l’Iran, qui s’étend au Liban – sont en hausse.

On pourrait penser que le Canada a échappé au pire : en mai 2025, l’électorat a porté au pouvoir un gouvernement libéral qui se présentait comme un parti centriste et « la voix de la raison », laissant entrevoir des changements politiques qui profiteraient à la population. Il est depuis devenu évident que ce gouvernement gouverne en réalité à droite, qu’il est prêt à sacrifier les droits de la personne et les libertés fondamentales face à la pression de la droite, et qu’il s’en sert pour faire adopter des politiques régressives sur le climat, la souveraineté autochtone, l’immigration, la sécurité et la défense, entre autres domaines. À défaut d’une forte opposition, il en résultera une restriction de la liberté d’expression et d’association, une diminution accrue de la protection et du soutien des personnes réfugiées ou migrantes, le démantèlement du droit international, un militarisme accru et un affaiblissement général de nos pratiques démocratiques.

Surveillance et militarisation accrues

Trois domaines illustrent ces préoccupations. Premièrement, l’exemple le plus marquant de l’intensification de la surveillance et de la militarisation au Canada au cours des deux dernières années a été la campagne visant à « protéger les frontières du Canada », à la fois par une sécurisation accrue et par des mesures répressives envers les migrant·es et réfugié·es. En décembre 2024, le gouvernement a annoncé une enveloppe de 1,3 milliard de dollars pour renforcer la surveillance des frontières et recruter des milliers d’agent·es frontalier·ères et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il a aussi consacré 80 milliards de dollars à la défense dans le budget 2025, suscitant des inquiétudes quant à une implication potentielle du Canada dans les guerres impérialistes des États-Unis et les opérations de « lutte contre le terrorisme » ou le « narco-terrorisme », au Moyen-Orient, dans les Caraïbes et au-delà. Cette situation résulte en partie des efforts de longue haleine déployés par les agences chargées de la sécurité nationale, de la défense et des frontières pour renforcer leurs pouvoirs. Toutefois, le catalyseur a été les déclarations du président étasunien, Donald Trump, affirmant que d’énormes quantités de fentanyl ainsi que des terroristes et migrant·es « illégaux » traversaient la frontière du Canada vers les États-Unis – ce que les deux gouvernements savaient être faux – et que les États-Unis ne défendraient plus le Canada s’il n’atteignait pas les objectifs de dépenses de l’OTAN. Or, ces milliards de dollars de dépenses se font au détriment de la sécurité humaine, en raison des coupes budgétaires et du manque d’investissement dans le logement, les soins de santé, la protection de l’environnement, l’aide étrangère et les efforts de consolidation de la paix.

L’offensive législative et répressive

De plus, le gouvernement est en train de remodeler le paysage juridique. Depuis mai 2025, les libéraux ont présenté deux projets de loi dangereux concernant les frontières, qui portent atteinte à la vie privée, sont hostiles aux migrant·es et aux réfugié·es, et compromettront la sécurité des Canadien·nes partout au pays. Le premier, le projet de loi C-2 (Loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière), conférerait aux services de police et aux agences de renseignement des pouvoirs anticonstitutionnels leur permettant d’accéder sans mandat à des renseignements personnels, et exigerait que les entreprises de télécommunications modifient leurs systèmes pour faciliter l’espionnage gouvernemental. Le second, le projet de loi C-12 (Loi visant à renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada), a été adopté à la fin de mars 2026. Ses dispositions modifient de manière importante les lois sur l’immigration et les réfugié·es, imposant des restrictions supplémentaires injustifiées aux demandeur·euses d’asile, les abandonnant à la persécution et à la violence, le tout en donnant au gouvernement de nouveaux pouvoirs pour annuler ou suspendre en masse des documents d’immigration (y compris en fonction du pays d’origine) au nom d’un « intérêt public » indéfini. Ces changements rendent le Canada moins sûr et moins ouvert, sans pour autant améliorer la vie des citoyen·nes canadien·nes. Bien que le gouvernement prétende que ces mesures visent à garantir l’efficacité du système d’immigration et à préserver son intégrité, il supprime parallèlement 100 millions de dollars et 3300 emplois au sein d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Deuxièmement, les mesures de répression à l’endroit de la dissidence et de la liberté d’expression se sont multipliées. Aux niveaux provincial et municipal, cela s’est traduit par une répression policière et des restrictions injustifiées imposées aux manifestations, notamment par des règlements municipaux instaurant des « zones bulles » qui enfreignent la Charte canadienne des droits et libertés. Le gouvernement fédéral a aussi mis de l’avant le projet de loi C-9 (Loi visant à lutter contre la haine). Bien que cette législation ait été présentée comme visant à répondre au problème réel et urgent de l’augmentation des crimes haineux violents au Canada, elle aura plutôt pour effet de décourager les manifestations et la dissidence, et risque de criminaliser la liberté d’expression et la liberté de réunion au Canada[1]. La présentation de C-9 fait suite à des mois de pression exercée sur le gouvernement fédéral pour qu’il prenne des mesures contre la multitude de manifestations et de campements pro-palestiniens à travers le pays. Les défenseur·euses des libertés civiles en ont dénoncé les dispositions trop générales, inconstitutionnelles et qui pourront facilement être utilisées de manière discrétionnaire. 

Des processus démocratiques affaiblis

Troisièmement, tous ces changements s’accompagnent d’un affaiblissement de la responsabilisation du gouvernement, des processus démocratiques et de la participation citoyenne. Sous prétexte d’urgence, le gouvernement a présenté un projet de loi omnibus (ce qu’il avait promis de ne pas faire), il n’a mené que très peu, voire aucune consultation (et celles qui ont lieu sont précipitées et biaisées en faveur des résultats souhaités par le gouvernement), et il a fait adopter à la hâte par le Parlement une législation complexe qui aura des conséquences importantes. Par exemple, C-2 a été déposé sans consultation préalable, il compte 140 pages et propose des modifications importantes à au moins 10 lois existantes, tout en créant une loi entièrement nouvelle. Ce n’est qu’après une opposition significative de la société civile ainsi que des député·es de l’opposition que le gouvernement a réagi. Malheureusement, sa réponse ne consista qu’à introduire une nouvelle législation qui reprenait certaines parties de C-2 sous la forme du projet de loi C-12. Le gouvernement a ensuite utilisé des mesures procédurales pour limiter le temps de débat sur C-12, compromettant ainsi la possibilité de l’étudier en profondeur ou d’y apporter des amendements. Il a utilisé des outils similaires pour aussi pousser prématurément C-9 au Sénat (la loi est maintenant adoptée). Pour couronner le tout, alors même qu’il renforce les pouvoirs et les budgets des agences de sécurité et de défense, le gouvernement réduit le financement des organismes de contrôle indépendants, tels que le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement et l’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement. Déjà en sous-effectif, ces deux organismes ont déclaré que ces coupes budgétaires « entraveraient gravement » leur travail[2]. Ces organismes constituent des remparts essentiels pour garantir le respect des lois et la protection des droits, mais c’est précisément au moment où on en a le plus besoin qu’ils font l’objet de coupes budgétaires massives.

S’unir et s’organiser

Ce sont là des défis de taille, mais ils peuvent être surmontés. La mobilisation de la société civile commence déjà à faire bouger les lignes sur bon nombre de ces questions. Il est crucial d’agir dès maintenant pour inverser la tendance, alors que d’autres continuent de pousser le gouvernement – et le débat public – toujours plus à droite. Cela implique de s’organiser en coalitions, tous secteurs confondus, car l’union fait la force. Par exemple, la campagne de l’été 2025 contre le projet de loi C-2 a rassemblé plus de 300 organisations défendant les droits des migrant·es et des réfugié·es, les libertés civiles et l’égalité de genre, ce qui a conduit à la mise de côté du projet de loi. Cela signifie également ne pas se concentrer uniquement sur le gouvernement, mais aussi sur le public, et trouver des moyens de faire évoluer le discours, de manière à passer d’une logique de division et d’exclusion à une logique de solidarité et de bien-être collectif. Ensemble, nous pouvons changer les choses.


[1] À ce sujet, lire Anne Pineau, « À Ottawa, un empilage inquiétant de projets de lois », Droits et libertés, vol. 44, no 2, automne 2025/hiver 2026 [en ligne].

[2] Lire Wesley Wark, « Down comes the budget guillotine on the review bodies », dans son infolettre du 10 novembre 2025 [en ligne].

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Des expert·es de la protection de la vie privée et des groupes de défense des libertés civiles dénoncent l’arrêt par le gouvernement libéral du débat indispensable sur C-22, un projet de loi dangereux de surveillance étatique

Le gouvernement fédéral a fait avancer de force la très controversée Loi concernant l’accès légal à la chambre des Communes, bien qu’elle fasse l’objet d’une opposition massive.

OTTAWA, le 18 juin 2026 – Vingt-et-une organisations de la société civile, groupes de défense de la vie privée et expert·es indépendant·es sont profondément alarmé·es par la décision du gouvernement fédéral qui, tard hier soir, a mis fin au débat au Comité permanent de la sécurité publique et nationale sur le très controversé projet de loi C-22, Loi concernant l’accès légal.

Le projet de loi C-22 soulève d’importantes préoccupations en matière de vie privée et de sécurité, notamment parce qu’il :

  • Accorde à la police un plus grand accès à nos renseignements personnels;
  • Permet au gouvernement d’obliger les entreprises à créer des portes dérobées afin que la police et les agences de renseignement puissent récupérer nos données personnelles et nos communications, rendant ainsi inutiles les protections en ligne telles que le chiffrement;
  • Permet au gouvernement d’ordonner aux entreprises de conserver nos renseignements personnels pour une période allant jusqu’à un an, créant ainsi une mine de données pouvant servir de cartographie numérique de tous·tes les Canadien·nes. Celle-ci pourrait faire l’objet d’abus, de fuites ou d’attaques de pirates informatiques; et
  • Augmente le risque que davantage de nos renseignements soient partagés avec les services de renseignement et les forces de l’ordre étasuniens, y compris dans le cadre d’enquêtes concernant des actes qui sont légaux au Canada.

Les député·es ont reçu plusieurs milliers de courriels de Canadien·nes s’opposant à ce projet de loi. De nombreuses entreprises, telles que Google, Apple et Meta, ont tiré la sonnette d’alarme, notamment concernant l’obligation d’intégrer des portes dérobées dans leurs systèmes, ce qui compromettrait le chiffrement. Plusieurs d’entre elles, comme Signal, DuckDuckGo et NordVPN, ont même menacé de quitter le Canada si la loi était adoptée.

Il est d’autant plus inquiétant que le gouvernement a fait adopter une autre motion antidémocratique visant à mettre fin au débat sur un projet de loi qui menace les droits, alors que celui-ci fait l’objet de plus de 100 amendements, dont seule une fraction a été discutée avant que le débat ne soit arrêté de force. Le gouvernement avait également promis de présenter ses propres amendements pour répondre aux critiques formulées à l’encontre du projet de loi, mais ceux-ci n’ont pas été entièrement dévoilés avant le vote et, en raison de cette motion, n’ont pas du tout été débattu en comité.

Le projet de loi C-22 est trop complexe et ses répercussions trop importantes pour être adopté à la hâte. Le gouvernement n’aurait jamais dû utiliser cette mesure draconienne, aurait dû laisser l’examen du projet de loi suivre son cours et veiller à ce que les amendements du gouvernement et de l’opposition soient considérés pleinement et examinés publiquement. Nous exhortons les député·es à dénoncer l’adoption de la motion et le gouvernement à changer de cap concernant le projet de loi C-22 et ses pratiques antidémocratiques.

Citations :

« Ce projet de loi représente l’une des plus grandes menaces pour la vie privée au Canada de ces deux dernières décennies. Ses dispositions affaiblissent les règles régissant l’accès de la police aux renseignements personnels, tout en facilitant une expansion considérable de la surveillance gouvernementale. Il s’agit là d’un autre exemple flagrant de cette tendance, vieille de plusieurs décennies, qui voit les gouvernements utiliser la sécurité nationale comme prétexte pour porter atteinte aux libertés civiles et aux droits humains. Nous encourageons tous les députés à s’opposer à ces nouveaux pouvoirs. » –Tim McSorley, coordinateur national, International Civil Liberties Monitoring Group

« Porter atteinte à notre propre vie privée avec des portes dérobées obligatoires est une idée exécrable dans le meilleur des cas ; et le Canada a choisi l’un des pires moments possibles; Frontier AI est désormais si performante dans la détection des failles logicielles que le gouvernement des États-Unis vient de retirer du marché mondial son modèle le plus performant en raison de ce qu’il est capable de découvrir. Alors que d’autres pays s’empressent de corriger leurs failles, le Canada s’apprête à infliger lui-même un préjudice considérable à son économie et à sa sécurité, faute d’abandonner la partie 2 du projet de loi C-22. » –Matt Hatfield, directeur exécutif, OpenMedia

« Soyons clairs : la conduite de ce projet de loi par le gouvernement en place est un outrage à la démocratie. Toustes les Canadien·nes devraient être inquiets de ce que nous réserve le gouvernement Carney avec le très controversé C-22 et de multiples autres projets de lois qui posent les bases d’un État de surveillance dans lequel la primauté de la “sécurité” se moque des libertés civiles et de la protection de la vie privée. Non seulement le gouvernement met-il fin abruptement au débat en comité et ignore-t-il ainsi les graves préoccupations exprimées tant par les défenseurs de la vie privée que par les entreprises, mais il se défend derrière une rhétorique tendancieuse qui prétend que s’opposer à C-22 est se placer du côté des criminels plutôt que des victimes! De telles formules sont une insulte à l’intelligence des Canadien·nes. La Ligue des droits et libertés appelle les membres du Parlement à s’opposer à ces pratiques anti-démocratiques et à voter massivement contre ce projet de loi. » – Dominique Peschard, porte-parole et militant de la Ligue des droits et libertés

« Les Canadien·nes méritent une loi qui respecte et protège leurs droits à la vie privée, et les membres du Parlement méritent l’occasion de s’assurer de pleinement comprendre les véritables conséquences du projet de loi C-22 sur la protection des renseignements personnels, la cybersécurité et l’échange transfrontalier de renseignements avant d’être appelé·es à voter une dernière fois à ce sujet. Il est tout simplement irresponsable d’écourter le processus d’étude en comité d’un texte législatif aussi vaste et important. » –Aislin Jackson, conseiller·e juridique en politiques, Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique

Signataires :

Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles
OpenMedia
Ligue des droits et libertés
Conseil du Canada de l’accès et la vie privée
Le Centre de Réfugiés / The Refugee Centre
Centre for Free Expression
Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique (BCCLA)
Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)
Canadian Muslim Public Affairs Council (CMPAC)
BC Freedom Of Information and Privacy Association
Clinique pour la justice migrante / Migrant justice clinic
Association canadienne des libertés civiles (CCLA)
Conseil des Canadiens
Start Point Organization
IFEX

Safiyya Ahmad, avocate
Ümit Kiziltan, recherchiste
Kate Robertson, Senior Research Associate, Citizen Lab, Munk School of Global Affairs & Public Policy, University of Toronto
Ron Deibert O.C., O.Ont., Professeur en science politique et Directeur du Citizen Lab, Munk School of Global Affairs & Public Policy, University of Toronto
Noura Aljizawi, Senior Researcher, Citizen Lab, Munk School of Global Affairs & Public Policy, University of Toronto
Michael Geist, Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit de l’Internet et du commerce électronique, Université d’Ottawa, Faculté de droit

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Contacts pour les médias :

Tim McSorley, coordinateur national, Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles, 613-241-5298, national.coordination@iclmg.ca

Claude Rioux, Responsable aux communications, Ligue des droits et libertés
514-715-7727, communication@liguedesdroits.ca

Matt Hatfield, directeur exécutif, OpenMedia
1 (888) 441-2640 ext. 0, press@openmedia.org

Sharon Polsky, Présidente, Conseil du Canada de l’accès et la vie privée
1 877 746 7222, media@pacc-ccap.ca

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