Monthly Archives: May 2016

La CSILC accueille favorablement l’annonce de la libération du citoyen canadien Salim Alaradi

641b7b2c281f4da398adc3597a9c74d6_18Ottawa – La Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles (CSILC) accueille avec soulagement la nouvelle de la libération du citoyen canadien Salim Alaradi.

Après avoir passé près de 22 mois en prison, soufrant de l’isolement, de la torture et de nombreux problèmes de santé, Salim Alaradi peut enfin être réuni avec sa famille.

« La libération de Salim Alaradi est une excellente nouvelle pour sa famille et pour tous ses amis et supporters qui ont fait une campagne sans relâche afin de l’obtenir. Depuis le début de cette horrible épreuve, la CSILC ainsi que d’autres groupes pour la défense des droits de la personne, ont demandé au gouvernement canadien de veiller à ce que les droits du citoyen canadien Salim Alaradi soient protégés et qu’il ait accès à un procès juste et équitable», a déclaré Monia Mazigh, coordinatrice nationale de la CSILC.

Récemment, 30 avocats canadiens et internationaux ont écrit au président émirati Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan appelant à la libération de Salim Alaradi ainsi que des ressortissants américains coaccusés dans le même procès, Kamal et Mohamed Eldarat.

« Des pressions publiques et privées qui ont été exercées à différents niveaux et par différents gouvernements sur le gouvernement émirati et cela est une preuve que la pression a clairement fonctionné et que garder le silence n’est pas une option. Le gouvernement canadien devrait utiliser toutes les sortes de pressions en son pouvoir pour obtenir la libération des Canadiens détenus à l’étranger pour des raisons politiques » a insisté Monia Mazigh.

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Arrêtons le renvoi de Mohamed Harkat vers la torture – Faites pression!

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Lisez Ia lettre de la CSILC exhortant le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale à annuler l’ordre de déportation contre Mohamed Harkat afin de le laisser rester au Canada avec sa femme et sa famille. (en anglais seulement)


Voici une demande de Sophie Harkat, épouse de Mohamed Harkat.

Cher.es allié.es,

Comme vous le savez probablement déjà, Mohamed Harkat (détenu en vertu d’un certificat de sécurité depuis décembre 2002) fait face à la déportation vers la torture. Il a reçu sa lettre d’irrecevabilité au cours de la campagne électorale fédérale et sous la direction des Libéraux, l’Agence de Sécurité des Frontières du Canada pousse encore pour son expulsion. Ils ont déclaré dans leur rapport que Mohamed n’a pas été un membre actif de la société, n’a pas aidé financièrement sa famille et que je serais très bien sans lui (mais ils omettent le fait qu’il a été détenu pendant 43 mois sans inculpation, en résidence surveillée pendant 7,5 ans dans les conditions les plus difficiles de libération sous caution dans l’histoire du Canada, toujours empêché d’utiliser technologie/ordinateur/internet/téléphone cellulaire en dehors de la maison et son nom a été ruiné par les allégations). Mohamed avait trois emplois avant qu’il soit arrêté et est toujours activement à la recherche d’un travail à temps plein.

Le rapport reconnaît également qu’il pourrait faire face à des risques en cas d’expulsion vers l’Algérie, mais que les Canadiens font face à plus de risques s’il reste au Canada.

Plus d’un millier de supporters ont écrit des lettres à l’hiver dernier (MERCI!!), mais il n’y a pas eu de mouvement du côté du gouvernement.

Cela doit arrêter maintenant!

Depuis lors, des décisions importantes ont été rapportées:

1- Les Libéraux ont accepté de signer le Protocole facultatif de l’ONU contre la torture

2- Le Royaume-Uni refuse d’expulser 8 hommes algériens vers l’Algérie parce qu’ils risquent d’être torturés ou détenus.

3- Le gouvernement américain a conclu que les assurances diplomatiques ne sont pas fiables et qu’ils sont incapables de retrouver la trace d’un détenu après un transfert. De nombreux détenus ont été torturés.

Demandons aux Libéraux, pourquoi veulent-ils procéder avec l’expulsion alors?

S’IL VOUS PLAÎT prenez une minute pour envoyer le courriel ci-dessous.

Merci de votre soutien, générosité et solidarité!

Sophie Harkat, épouse de Mohamed Harkat qui pense que Mohamed est un atout pour cette société, et serait un grand Canadien; il a un vaste réseau d’amis et une famille qui l’aiment et veulent qu’il reste au Canada!

Si vous voulez aider avec les frais juridiques (nous ne recevons aucune aide juridique), vous pouvez le faire à www.justiceforharkat.com

LETTRE

Envoyez cette lettre à ralph.goodale@parl.gc.ca et john.mccallum@parl.gc.ca et mettez letharkatstay@gmail.com en CC.

Messieurs les Ministre Goodale et Ministre McCallum,

Le gouvernement canadien ayant exprimé son intention de signer le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture, nous vous prions de respecter les articles 2.2 et 3.1 de cette même

Convention : Article 2.2 : « Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre ou de menace de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture. »

Article 3.1 : « Aucun État partie n’expulsera, ne refoulera, ni n’extradera une personne vers un autre État où il y a des motifs sérieux de croire qu’elle risque d’être soumise à la torture. »

Nous portons ces articles à votre attention en raison des efforts déployés en ce moment par le gouvernement canadien pour déporter M. Mohamed Harkat – qui vit au Canada depuis 20 ans – vers l’Algérie. Il est clair que M. Harkat y encourrait un risque significatif de torture, à la fois parce qu’il avait fui ce pays comme réfugié et à cause d’allégations sans fondement formulées contre lui par les agences de sécurité.

Comme vous le savez peut-être, M. Harkat a été la victime de procès kafkaïens liés au processus des certificats de sécurité. Il n’a jamais eu l’occasion de contester les allégations secrètes qui ont été faites à son égard (certaines des informations proviendraient même de témoins ayant échoué un test de détecteur de mensonges). Par ailleurs, le Service canadien du renseignement de sécurité et la Gendarmerie royale du Canada admettent que M. Harkat n’a commis aucun acte violent ni enfreint la loi.

Notons également que la Cour d’appel du Royaume-Uni a récemment refusé de déporter huit hommes vers l’Algérie en dépit d’« assurances diplomatiques » selon lesquelles ils ne seraient pas torturés par le régime algérien. Des organisations internationales de défense des droits de la personne comme Amnistie internationale ont démontré que de telles assurances ne valent pas le papier sur lequel elles sont écrites et contreviennent aux articles 2 et 3 de la Convention contre la torture, dont le Canada est signataire.

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La GRC surveillent des journalistes sans autorisation: Nous avons besoin d’un mécanisme d’examen fort et d’une meilleure éthique journalistique

Par Monia Mazigh – « Bombe médiatique », «dénoncer», «dégoutant». Ce sont quelques-uns des mots utilisés par certains journalistes ou commentateurs pour décrire la récente nouvelle au sujet de certains éléments «voyous» de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), sans mandat judiciaire, qui ont mis deux journalistes de La Presse sous surveillance physique afin de connaitre l’origine d’une fuite médiatique effectuée par un agent du Service canadien des renseignements secrets (SCRS) à ces deux journalistes.

Dans notre analyse de cette nouvelle, nous soulevons trois points principaux :

– La liberté de la presse et la liberté d’expression sont des piliers essentiels de notre démocratie, toutefois la fuite d’information provenant de sources anonymes peut être une activité extrêmement «dangereuse». Elle peut faire la lumière sur un enjeu d’intérêt public comme elle peut nuire à la réputation des personnes surtout si l’information se révèle être un mensonge ou une demi-vérité fabriquée par les agents du renseignement. Les journalistes doivent faire leur travail en conformité avec certaines normes éthiques. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. Le désir de publier un «scoop» ou un contenu exclusif l’emporte souvent  sur les dommages potentiels causés à la vie de la personne faisant l’objet de la fuite. Juliet O’Neil l’a fait dans le passé, comme Maher Arar doit certainement s’en souvenir. À l’exception de l’ancien journaliste courageux du Globe and Mail, Jeff Sallot, aucun.e journaliste n’a fait son mea culpa. L’éthique est une denrée de plus en plus rare de nos jours dans le monde journalistique.

– Il y a une concurrence permanente entre les forces de l’ordre et les services de renseignement. Cette concurrence existait avant même la création du SCRS. Cette démarcation des territoires respectifs peut donner lieu à des situations où les forces de police font enquête sur les services de renseignement. Ce qu’il faut souligner et surtout se rappeler est que le projet de loi C-51 a accordé des pouvoirs supplémentaires au SCRS pour faire en quelque sorte le travail de la police. Ces pouvoirs leur permettraient d’empiéter sans aucun doute sur le travail des forces de l’ordre ce qui causerait inévitablement des problèmes entre les deux agences. Le SCRS a récemment reconnu avoir utilisé ces nouveaux pouvoirs et être prêt à continuer de les utiliser. Est-ce que cela signifie que nous devrions nous attendre à plus d’activités d’espionnage d’une agence sur les autres et plus de victimes collatérales?

– L’article a indiqué que ce sont des éléments «voyous» au sein de la GRC qui ont mené une telle surveillance sans mandat. Encore une fois, une explication simpliste semble prévaloir à chaque fois que des doigts sont pointés vers les activités controversées de la police ou des forces du renseignement. Que diriez-vous alors du partage par le SCRS de dossiers de l’Agence canadienne du revenu sur des citoyens canadiens à leur insu et sans mandat préalable? On s’est caché derrière des éléments voyous et maintenant tout est rentré dans l’ordre… Que diriez-vous des informations sur les citoyens canadiens partagés avec des organismes étrangers qui ont conduit à leur arrestation et à la torture? C’est l’œuvre de quelques «brebis galeuses» parmi les forces de l’ordre, mais nous allons faire plus attention la prochaine fois… Ces alibis durent depuis toujours. Je suis presque tentée de dire qu’ils sont la règle plutôt que l’exception!

La morale de l’histoire est non pas seulement l’importance de la liberté d’expression et de la liberté de la presse, mais aussi l’importance et la nécessité de mettre en en place des mécanismes de surveillance et d’examen efficaces afin que nos agences de sécurité nationale soient tenues responsables de leurs actions. Ainsi, on éviterait à la fois les fuites d’information susceptibles de détruire la vie des gens, et les cas troublants de journalistes épiés par les services de renseignement.